Histoire de la station

Contrairement à de nombreuses stations thermales, Lamalou les Bains n'a pas une origine romaine.
La découverte de certaines sources s'est faite par le percement de galeries minières aux 11ème et 12ème siècles.
La tradition veut qu'un paysan souffrant de douleurs se soit baigné dans la mare boueuse formée par ces eaux et en ait retiré une sédation appréciable de son mal.


Lamalou-les-Bains, station de la douleur...
Le site n'est évoqué pour la première fois en qualité de ville d'eau que dans un texte de 1702 comme «une maison servant de bains et tronçon de terre, appelé les bains de La Malou...». Le seigneur du Poujol, Pons Marthe de Thézan, achète la source et le terrain de la famille Gailhard, aménage le lieu et inaugure le premier établissement thermal en 1709, lui donnant alors sa vocation d'établissement de cure en aménageant «un bassin pouvant accueillir dix à douze personnes, avec chambres attenantes» et exploitant «une eau abondante...claire, blanchâtre, onctueuse, d'un goût piquant et aigrelet».. En 1743, il est noté que les bains de Lamalou sont indiqués pour les rhumatismes, sciatiques, les contractures...
La source la plus importante alors mise à jour est la source de l'Usclade.


La médicalisation des pratiques et le traitement de la douleur
Après la Révolution, en 1792, la famille Cère fait l'acquisition de l'établissement thermal de Lamalou le bas. Par la suite, deux autres établissements thermaux sont créés: l'établissement thermal de Lamalou le Haut en 1842 et l'établissement thermal de Lamalou le Centre en 1868 où sont utilisées des eaux tempérées.
A partir des années 1880, l'établissement thermal de Lamalou le Bas est composé de 10 piscines pouvant contenir plus de 170 personnes: la station thermale est ouverte toute l'année. Elle devient alors un lieu de prédilection d'hommes célèbres : hauts dignitaires, militaires, hommes de lettres, médecins et neurologues.


La notoriété
La station est alors 4ème station française par le nombre de ses visiteurs et une des premières du monde pour la qualité de ses prestations.
A partir du milieu du XIXème siècle, la reconnaissance de l'intérêt thérapeutique de ces eaux par les médecins de l'université de Montpellier, lui vaut l'attention de médecins célèbres comme Jean Martin Charcot, Jean-Léon Privat, Guillaume Grasset, Duchenne de Boulogne... De nombreuses études cliniques font alors référence à l'action bénéfique des eaux de La Malou, «appliquées au traitement du rhumatisme, de la névropathie et de la chloro-anémie».
La station attire désormais une clientèle illustre: Alphonse XII, le sultan du Maroc, le frère de l'Empereur le prince de Hohenlohe, le maréchal Joffre...; des poètes et des écrivains de renom: Alexandre Dumas fils, Sully Prudhomme, André Gide... et Alphonse Daudet qui, atteint d'une affection particulièrement douloureuse, puisa dans ses séjours successifs à Lamalou la matière de ses carnets intitulés La Doulou. Son fils Léon Daudet, qui l'accompagnait aux eaux, décrit plus tard l'«eau singulière...où ceux qui marchent mal et que parcourent de soudaines douleurs viennent chercher un soulagement », annonçant avec une étonnante perspicacité les indications thérapeutiques de la station moderne, avec la double composante douloureuse et locomotrice des affections qui relèvent de ce traitement thermal.


Modernisation de la ville de cure
Station de la douleur, la ville s'est en effet orientée dès le début du XXème siècle vers la médecine physique. Le premier institut de mécanothérapie y fut inauguré en 1903 par le docteur Maurice Faure. L'épidémie de poliomyélite nécessita à partir des années 50 la création de plusieurs centres de rééducation et de réadaptation.
En 1947, la ville rachète l'établissement thermal et la Chaîne Thermale du Soleil le reprend en 1986. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale achète l'établissement thermal de Lamalou le Haut en 1954 et le transforme en centre de rééducation pour enfants; l'établissement thermal de Lamalou le Centre est transformé en centre de rééducation pour adultes en 1957 et prend le nom de Bourges.
La ville se transforme et devient, avec la création des centres de rééducation (1er centre créé en 1954), une des plus grandes stations de la traumatologie et de la rééducation en France.


Une station ancrée dans le XXIème siècle
Aujourd'hui, tant les centres de rééducation que les thermes ont su évoluer, se spécialiser et renforcer leurs compétences pour être en mesure de répondre aux besoins de soins d'un plus grand nombre de patients et d'affections.
S'y ajoutent le tourisme de pleine nature avec les massifs du Caroux et de l'Espinouse ainsi que les nombreuses infrastructures de loisirs.